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Nike | OIT
| Eden
Letter
from Nike Workers to Tiger Woods
Wednesday, 9 January 2002, 12:18 pm
Dear Tiger Woods,
We are grateful for the chance to
present you with information about the situation of Nike workers
in Thailand.
First, we would like to be clear
that we have the utmost respect for your skill and perseverance
as an athlete. Second, we wish to express that Thai workers need
the jobs that Nike provides and are willing to work hard.
However, no one should have to experience
the deplorable working conditions and wages that Nike employees
face.
It is estimated that there are 70,000
workers producing Nike products in Thailand.
Additionally,
thousands of Thais are employed as migrant laborers at factories
producing for Nike in Taiwan. It is on behalf of these
tens of thousands of workers that we appeal to you to use your influence
as a respected athlete and as a benefactor of Nikes success
to push for better working conditions.
Mr. Woods, your current contract
with Nike nets you $100 million US over a five year period. In contrast
an average Nike worker in Bangkok earns the Thai minimum wage of
162 baht per day - $4 US and workers in the provinces earn 130 baht
per day - $3 US.
This means that a Thai Nike worker
must work for 26.5 million days or 72,000 years to receive what
you will earn during this contract.
A Thai garment
worker must work for 14,000 days or 38 years to earn your daily
salary of US$55,000.
To look at this in reverse, Nike
spends the equivalent of 14,000 workers salaries to pay you
for one day. Even though Nike workers are earning the daily minimum
wage, most of them end up working far more than an eight hour day.
Many of them routinely work until
10 pm and sometimes until 2 am to earn overtime pay which they need
to make ends meet. Many workers are not
paid hourly, but by piece, causing them to stay long hours to finish
quotas.
Aside from not earning enough, Nike
workers in Thailand face abysmal working conditions.
Workers often are not issued proper safety equipment and suffer
job injuries.
Thai migrant workers at Nike factories
in Taiwan are only permitted to use the
bathroom for five minutes per day, leading workers to
suffer kidney infections and other health problems.
When workers organize and try to
improve these conditions they are harassed
or fired. Or worse, the factory closes and shifts to
non-union production where wages and benefits are even worse.
For instance, in September the Thai
Iryo Garment factory which produced for Nike shut down. Nike shifted
production to VT Garment in Sathupradit and Garment Tech factory
in Bangkok, neither of which have a union.
Mr. Woods, we ask that you use your
influence with Nike to push for the following extremely reasonable
requests:
1) Nike must
pay the equivalent of a living wage in the countries in which it
produces. This living wage must enable a worker to support two dependents
and live decently.
2) Nike must
allow workers to unionize and provide protection for labour leaders.
3) Nike
must take responsibility for conditions in both its factories and
subcontracting facilities.
4) Nike
must implement its own code of conduct and safety requirements.
Signed, Nikeworkers.org and Thailabour.org
Communication
OIT juillet 1998 (extraits)
BANGKOK - En entendant la police cogner à
sa porte, Tooch se précipita hors de son lit, terrifiée.
Elle eut à peine le temps de s'habiller à la
hâte et d'attraper son sac, avant d'être poussée
dans un bus qui l'emmena d'abord au centre de détention
des immigrés, puis à la frontière cambodgienne.
«Je ne voulais pas venir en Thaïlande»,
déclara cette ouvrière de 35 ans, «mais,
chez moi, il n'y avait pas de travail».
Tooch et sa sur, Sinai, ont été
toutes deux prises dans un coup de filet de la police de
l'immigration.
Comme des millions de travailleurs clandestins
d'Asie du Sud-Est, elles subissent les conséquences
de la tourmente financière qui a déstabilisé
les économies. Autrefois
les enfants chéris des économies florissantes
de la région, ces travailleurs sont désormais
indésirables. Les politiques de l'immigration
se font de plus en plus strictes au fur et à mesure
que le chômage augmente parmi les nationaux et les
sans-papiers sont renvoyés par milliers tant les budgets
vacillent.
Les pays les plus malmenés sont la Thaïlande
et l'Indonésie. En Thaïlande, la croissance est
passée de 6% en 1996 à pratiquement zéro
en 1997, et les perspectives sont encore moins réjouissantes
pour 1998. L'Indonésie est encore plus malade. Déjà
avant que la violence ne se déclenche à Djakarta,
les experts prévoyaient pour 1998 un déclin
absolu de 5% alors que la croissance était de 8% jusqu'à
la fin de l'année précédente.
Au début de l'année, le ministre
thaïlandais du Travail a annoncé que
300 000 travailleurs étrangers en situation irrégulière
devraient quitter le pays avant la fin du mois
de juin 1998 pour céder leur place à une partie
des deux millions de nationaux qui sont au chômage.
Ce revirement de situation est d'autant plus brutal que jusqu'à
la veille de la crise, le pays connaissait le plein emploi.
Les femmes sont plus
durement touchées
Ce sont les femmes qui souffrent le plus de
cette situation. Dans les années soixante-dix, elles
représentaient environ 15% de la main-d'uvre
migrante asiatique. Aujourdhui, la moitié des chercheurs
d'emploi à l'étranger sont des femmes. «Elles
sont concentrées dans les
formes les plus précaires d'emploi salarié
et de ce fait risquent davantage d'être licenciées»,
peut-on lire dans le rapport du BIT, intitulé The
Social Impact of the Asian Financial Crisis, qui a paru en
avril. En outre, les femmes sont plus dispersées,
ce qui les prive généralement du soutien des
autres travailleurs.
L'annonce des expulsions par les gouvernements
malaisien et thaïlandais ne semble pas avoir produit
les effets escomptés. Selon certaines sources, les
travailleurs renvoyés chez eux depuis la Thaïlande
sont presque immédiatement remplacés par d'autres
clandestins. La Malaisie qui avait arrêté
8 833 travailleurs illégaux en 1997, en a encore appréhendé
3 026 en à peine deux semaines au mois de février
dernier.
«Les services de surveillance des frontières
ne sont pas très efficaces», explique Piyasiri
Wickramasekara, spécialiste des politiques du marché
du travail au sein de l'équipe consultative multidisciplinaire
pour l'Asie de l'Est. «Sur le plan politique, renvoyer
chez eux les travailleurs étrangers prouve au moins
que les gouvernements font quelque chose. Mais souvent ces
travailleurs reviennent aussitôt après, ce qui
provoque une réaction brutale de la part des autorités.
Le risque est donc qu'ils soient considérés
comme des boucs émissaires.»
Les associations de défense des travailleurs
migrants craignent que le renforcement des contrôles
le long des frontières ne stimule l'immigration
illégale, aggravant la situation des travailleurs
restés dans le pays d'accueil et favorisant les abus.
En Thaïlande, il est à craindre qu'avec l'augmentation
du nombre des familles qui sombrent en deçà
du seuil de pauvreté, celles-ci ne tentent de joindre
les deux bouts en faisant travailler leurs filles et ne relancent
ainsi de plus belle la prostitution et le système
du travail en servitude.
Les défenseurs des droits de l'homme
craignent également le sort qui attend les expulsés
à leur arrivée chez eux. Le
sort des Birmans notamment, qui retournent dans
un pays qui ne veut pas d'eux et des Indonésiens de
la province d'Aceh à Sumatra, qui avaient fui durant
une lutte d'indépendance, est
particulièrement préoccupant.
Les ambassades étrangères ont été
assaillies de demandes désespérées de
travailleurs cherchant à éviter l'expulsion
et des révoltes ont éclaté dans les
centres de détention où ceux-ci sont réunis
avant leur rapatriement.
Etant donné que peu de pays d'Asie du
Sud-Est ont signé les conventions qui pourraient les
protéger, ces migrants illégaux sont exposés
à toutes sortes d'abus.
Ils travaillent plus pour gagner
moins
Quels que soient les enjeux politiques de la
question de l'immigration clandestine, il ne demeure pas
moins que l'Asie du Sud-Est manque encore de
main-d'uvre pour certains emplois, surtout les plus
dangereux, les plus pénibles et les moins gratifiants.
M. Böhning, Directeur de l'équipe consultative
multidisciplinaire pour l'Asie du Sud-Est et le Pacifique
connaît bien l'existence de ces emplois, dont
personne ne veut sauf les plus pauvres d'entre les pauvres.
En effet, malgré la montée du
chômage, beaucoup de nationaux continuent de refuser
ces emplois indésirables. Les employeurs préfèrent
parfois les travailleurs illégaux
qu'ils considèrent comme «dociles» et
disposés à travailler plus en gagnant moins.
Un sondage récemment réalisé auprès
de 500 employeurs de Bangkok a montré que si 56% de
ces employeurs étaient favorables au renvoi des travailleurs
clandestins, 30% s'y déclaraient opposés, craignant
de ne pouvoir aisément remplacer ces travailleurs
et trouvant la main-d'uvre locale trop onéreuse.
Tooch, Sinai et des milliers d'autres expulsés
repasseront probablement la frontière dès que
les responsables de l'immigration auront tourné le
dos. La longueur et la perméabilité des frontières,
l'inefficacité des politiques et de l'administration,
pour ne pas parler de la pauvreté
et de la faim, faciliteront longtemps encore l'emploi clandestin.
Entreprise
Eden
A la recherche de coûts de production
toujours plus bas pour faire face à une intensification de
la concurrence, les entreprises tendent à sous-traiter de
plus en plus vers le secteur informel. Le travail effectué
dans des structures légales est ainsi décentralisé
vers des ateliers clandestins
et des travailleurs à domicile.
Mode de gestion confortable et économique pour les entreprises,
la sous-traitance en cascade permet à ces dernières
de s'affranchir des frais d'installation, de machines, d'électricité
et de sécurité sociale tout en s'assurant une main
d'oeuvre bon marché et flexible.
Le cas du groupe Eden, en Thaïlande, illustre cette "informalisation".
En 1987, Eden, multinationale autrichienne spécialisée
dans le textile, était l'une des plus grandes entreprises
textiles de Thaïlande: elle employait 4'500 ouvrières.
Dès l'instauration d'un syndicat d'entreprise en 1991, Eden
a commencé à sous-traiter sa production à des
entreprises clandestines. Ces ateliers emploient des
enfants de moins de 15 ans, payés à la
pièce. Pour survivre, ils fabriquent des vêtements
12 heures par jour et sept jours sur sept.
Manne des entreprises, le secteur informel
est, dans cette optique, bien loin d'une voie vers un développement
équilibré, mais est le plus souvent synonyme
d'exploitation. De l'homme libre, entreprenant et inventif,
le travailleur informel devient plutôt un ouvrier soumis à
de longues heures de travail dans des ateliers insalubres. En marge
de toute légalité, il travaille pour un salaire de
misère, sans moyen de voir sa situation s'améliorer.
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