La
problématique
L'organisation
actuelle du commerce se fait souvent à l'insu du producteur
comme du consommateur : le producteur ne connaît pas la
destination de son produit, le consommateur en ignore la provenance
réelle, au détriment du producteur et du consommateur
: les intermédiaires les plus puissants (grandes marques
commanditaires, groupes industriels, organismes financiers,
grands distributeurs, centrales d'achat) imposent leurs règles,
leurs prix, voire leurs produits aux producteurs, comme aux
consommateurs. D'un moyen de relation entre les hommes, le commerce
est souvent devenu un enjeu de pouvoir et de profit privé
lié à la spéculation à court terme.
Inéquitable, cette forme du commerce banalise une relation
de dominant/dominé.
Ce
n'est pas le commerce en tant que tel qui est un problème,
mais son utilisation comme arme économique.Cette situation
entraîne un déplacement des marges vers l'aval
(les producteurs voient leur marge s'éroder sous la pression
des industriels et des distributeurs), appauvrissant les producteurs
au plan économique, dans l'organisation de leur travail
et dans la satisfaction de leurs besoins essentiels, ainsi que
ceux de leur famille. Ce commerce est responsable de la dégradation
des termes de l'échange (pendant que le prix des matières
premières décroît systématiquement
sur le marché mondial, le prix des produits finis, que
les pays producteurs de ces matières premières
importent des pays industrialisés, augmente).
Placés
dans ce contexte, les producteurs fabriquent des biens dans
des conditions de travail souvent inhumaines, voire d'esclavage.
Les conséquences sont alors déplorables tant pour
eux que pour l'environnement (social, économique, écologique,
culturel). Cette réalité se vérifie dans
l'ensemble du commerce, tant au niveau local qu'international